Microphone à ruban

Le microphone à ruban fonctionne selon le même principe que le microphone à bobine mobile, c'est-à-dire qu'il convertit une variation de pression sonore en signal électrique à l'aide du phénomène de l'induction magnétique due à la loi de Lenz.



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Matériel audio - Capteur - Composant électronique

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Schéma du principe du microphone à ruban.
- B = ruban.
- N et S = pôles de l'entrefer magnétique.

Le microphone à ruban fonctionne selon le même principe que le microphone à bobine mobile, c'est-à-dire qu'il convertit une variation de pression sonore en signal électrique à l'aide du phénomène de l'induction magnétique due à la loi de Lenz.

Comme son nom l'indique, sa principale caractéristique est de remplacer le dispositif de bobine mobile par un fin ruban métallique faisant alors office à la fois de membrane acoustique et de bobinage électrique.

En général, ce dernier est fabriqué en aluminium plissé "en accordéon" pour permettre une mobilité suffisante. Certains rubans des modèles les plus modernes sont constitués d'une fine membrane de plastique recouverte d'un alliage conducteur pour diminuer les risques dus à la fragilité du dispositif. Il existe même un micro à double ruban (placés face contre face à particulièrement faible distance). Ceci permet d'avoir une augmentation des performances. Les rubans agissent de concert. Toute déformation de l'un doit être semblable pour l'autre. La liaison acoustique et électrique des rubans empêche tout mouvement s'il n'est pas validé par la totalité de l'équipage. Cette “pseudo contre-réaction” abouti à un des meilleurs micros rubans actuels connu en radio, cinéma, et studios.

Le ruban est fixé dans l'entrefer d'un puissant aimant et la tension résultante est collectée à ses deux extrémités. Cette dernière est typiquement particulièrement faible et nécessite l'utilisation d'un circuit de préaugmentcation interne (voir schéma ci-contre).

Compte-tenu de l'impédance de sortie particulièrement basse (3 à 4 Ohms) et de la difficulté de concevoir un préampli particulièrement sensible et sans souffle à cette impédance d'entrée, fréquemment ce dernier est remplacé par un transformateur audio ayant une impédance de sortie de 200 ohms (50 ohms anciennement). A partir de là, le micro à ruban se branche et s'exploite dans les mêmes conditions qu'un micro dynamique excepté un niveau de sortie 2 à 3 fois moindre, qu'un préampli micro standard arrive généralement à rattraper à la prise de son.

Le principal avantage attribué à ce type de transducteur est une réponse en fréquence particulièrement large qui dépasse aisément les 20 kHz. L'utilisation d'un ruban suspendu induit une directivité originelle de type bidirectionnelle. Certains modèles ont été adaptés ensuite. Ainsi, certains fabricants utilisent un labyrinthe acoustique absorbant logé dans le manche du micro chargé d'occulter la sensibilité arrière du ruban pour n'avoir qu'une seule face qui capte le son. Cette astuce permet d'avoir un micro à ruban d'aspect et d'utilisation particulièrement proches d'un micro'dynamique'classique à membrane. (ex : BEYER type M160 double ruban et M260 simple ruban).

Développés dans le courant des années 1930, – premier brevet de la firme RCA en 1931 – les microphones à ruban connurent immédiatement un fort succès, devenant la référence pour la prise de voix en radio, cinéma et studio d'enregistrement jusqu'à l'avènement du micro électrostatique dont le plus illustre fabricant est Georg NEUMANN. (Bien que démarré en 1928, avec l'énorme micro CMV3 dit'la bouteille'le micro électrostatique ne deviendra prédominant qu'en 1949 avec le fameux U47 à lampes. )

Les professionnels du son attribuent au microphone à ruban de nombreuses qualités. Ils sont reconnus pour présenter une excellente réponse aux transitoires, un son spécifiquement naturel et subjectivement "chaud". Cela est dû à la très faible largeur du ruban vis-à-vis de la longueur d'onde la plus petite à analyser. La position du ruban comparé à la source sonore est dans ce cas importante (corps impérativement vertical ou point rouge en haut pour certains modèles).

Leur principal défaut et la raison pour laquelle ces microphones n'étaient plus que rarement utilisés était leur extrême fragilité. En effet, un simple souffle, le vent ou un son trop puissant tel qu'un coup de feu peut aisément étirer le ruban et lui faire perdre alors sa mobilité, ou alors le déchirer. Par conséquent, les microphones à ruban ne furent plus utilisés qu'en intérieur et protégés par des bonnettes anti-vent ou des dispositifs anti-pop.

De nombreux fabricants produisent désormais des micros à ruban protégés des plosives et des souffles de vent. Les grilles sont bien étudiées pour ce faire. La perte de rendement est aisément rattrapée par un préampli spécifique implanté dans le corps du microphone et alimenté par l'alimentation fantome de 48 volts originellement dévolue aux microphones électrostatiques sur les tables de mélange professionnelles. Compte-tenu de la baisse particulièrement importante du prix de certains micros statiques d'importation asiatique, même de tous petits mixers disposent de cette alimentation. Les micros à électret originellement alimentés par une pile de 1.5 volt pour leur préampli à effet de champ, utilisent aussi de plus en plus cette source d'énergie. Les micros à ruban disponibles sur le marché se comptent désormais en dizaines. Certains, particulièrement élaborés, dépassent le prix de micros électrostatiques renommés. On peut dire qu'il s'agit d'une renaissance pour les micros à rubans.

Voir aussi

Liens Intéressants

Wes Dooley, de RCA à ÆA, partie #1 [1]

Rencontre avec Wes Dooley, constructeur de microphones à ruban, partie #2 [2]


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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 07/04/2010.
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